Depuis l’inauguration de la Maison d’Yvonne en septembre dernier, les 17 hectares de production maraîchère de la Ferme des Vents ont bien évolué.
Légumes, fruits et agroforesterie sont cultivés avec une conviction simple : un modèle respectueux des écosystèmes peut être économiquement viable. Un an après ses débuts, retour sur les grandes étapes de sa construction.

1ère étape : observer
Située à l’extérieur du Parc Animalier de Sainte-Croix, la Ferme des Vents est entourée de la forêt domaniale de Fénétrange, de Languimberg et de l’étang du Stock. Avant d’amorcer une quelconque action, le premier objectif était d’analyser le terrain.
Comment tombe la pluie ? Quelles zones restent humides ? Lesquelles s’assèchent plus rapidement ?
Cette lecture du paysage a permis aux équipes de la ferme de déterminer les usages les plus cohérents pour chaque parcelle de terrain. Pour les zones de culture ou fruitières, celles pour les serres ou encore celles à laisser à la nature. Héloïse, responsable de la ferme, décrit une approche qui résume l’esprit de ce projet :
« Comprendre le terrain avant de lui demander quoi que ce soit, c’est ça l’agroécologie. »
2ème étape : délimiter
La phase d’observation a permis de déboucher sur un découpage réfléchi des 17 hectares. On retrouve ainsi au sein de la Ferme des Vents :
- Un bassin de 2 000 m², visant à récupérer l’eau de pluie
- 1,9 hectare de zone humide laissée à dame nature
- 1,8 hectare consacré à l’agroforesterie
- 6 serres de 300 m² chacune
- 900 mètres de haies plantées
- 600 arbres fruitiers
Vus du ciel, ces installations offrent un paysage agricole complet. Zone maraîchère, verger, forêt, jardin et zones humides se complètent pour former un système fonctionnel et cohérent.


3ème étape : passer au concret
Après les deux premières étapes, place à la mise en terre. Chaque plantation a suivi le découpage, en tenant compte des spécificités du sol argileux de la ferme, qui retient l’eau et ralentit l’installation des jeunes plants. Ici, il faut compter environ deux ans avant qu’un arbre s’enracine durablement, contre un an ailleurs.
Mais planter ne suffit pas, il faut ensuite observer comment chaque zone réagit, semaine après semaine. Quelles cultures prennent bien, lesquelles peinent davantage ? Où l’humidité stagne-t-elle plus que prévu ? Ce travail de surveillance permet d’ajuster en continu les pratiques, plutôt que de figer une méthode une fois pour toutes. C’est aussi à ce stade que les premiers résultats commencent à se voir : les toutes premières récoltes de légumes, les premières fleurs sur les jeunes arbres fruitiers, et les premiers signes que le terrain, patiemment façonné, se met à vivre.
Un an après, la vie s’installe et la suite se prépare
Cette première année aura permis de poser les bases d’un modèle solide, avec des cultures qui trouvent progressivement leur rythme. Les premiers paniers de la Ferme des Vents sont maintenant disponibles à la boutique du Parc Animalier de Sainte-Croix, une manière concrète de ramener toute l’agroécologie au cœur de vos assiettes.
Aujourd’hui, les regards sont déjà tournés vers les prochaines semaines, avec notamment la culture de courges et des légumes d’hiver qui continuent tranquillement leur croissance et qui, si tout se passe bien, seront fin prêtes pour la période d’Halloween. L’année dernière, le Parc avait habillé ses allées de 10 000 courges à cette occasion, nous espérons cette année pouvoir fournir une partie de cette décoration. Une nouvelle étape dans ce projet qui continue de s’écrire, récolte après récolte.

